Virginie Racano...

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Images Aléatoires

Musique

free music
Mercredi 5 novembre 2008



La terre est bleue comme une orange
Jamais une erreur les mots ne mentent pas
Ils ne vous donnent plus à chanter
Au tour des baisers de s'entendre
Les fous et les amours
Elle sa bouche d'alliance
Tous les secrets tous les sourires
Et quels vêtements d'indulgence
A la croire toute nue.
Les guêpes fleurissent vert
L'aube se passe autour du cou
Un collier de fenêtres
Des ailes couvrent les feuilles
Tu as toutes les joies solaires
Tout le soleil sur la terre
Sur les chemins de ta beauté.


Paul Eluard
publié dans : Paul Eluard
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Dimanche 5 octobre 2008




Le Capitaine Jonathan,
Etant âgé de dix-huit ans
Capture un jour un pélican
Dans une île d'Extrême-orient,

Le pélican de Jonathan
Au matin, pond un oeuf tout blanc
Et il en sort un pélican
Lui ressemblant étonnamment.
   

Et ce deuxième pélican
Pond, à son tour, un oeuf tout blanc
D'où sort, inévitablement

Un autre, qui en fait autant.

Cela peut durer pendant très longtemps
Si l'on ne fait pas d'omelette avant.

Robert Desnos
publié dans : Poèmes de Robert Desnos
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Dimanche 5 octobre 2008




Une fourmi de dix-huit mètres
Avec un chapeau sur la tête,
Ça n'existe pas, ça n'existe pas.
Une fourmi traînant un char
Plein de pingouins et de canards,
Ça n'existe pas, ça n'existe pas.
Une fourmi parlant français,
Parlant latin et javanais,
Ça n'existe pas, ça n'existe pas.
Eh! pourquoi pas? 


Robert Desnos


***
publié dans : Poèmes de Robert Desnos
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Mercredi 11 juin 2008







Soleil, je t'adore comme les sauvages

À plat ventre sur le rivage.

Que j'ai chaud! c'est qu'il est midi.

Je ne sais plus bien ce que je dis.

Tu es un clown, un toréador,

Tu as des chaînes de montre en or.

Soleil, je supporte tes coups,

Tes gros coups de poing sur mon cou.

C'est encore toi que je préfère,

Soleil, délicieux enfer.




Jean Cocteau






***
publié dans : Poème de Jean Cocteau...
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Jeudi 20 mars 2008







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La Seine a de la chance
Elle n'a pas de souci
Elle se la coule douce
Le jour comme la nuit
Et elle sort de sa source
Tout doucement, sans bruit, sans sortir de son lit
Et sans se faire de mousse
Elle s'en va vers la mer
En passant par Paris.
La Seine a de la chance
Elle n'a pas de souci
Et quand elle se promène
Tout au long de ses quais
Avec sa belle robe verte
et ses lumières dorées
Notre-Dame jalouse, immobile et sévère
De haut de toutes ses pierres
La regarde de travers
Mais la Seine s'en balance
Elle n'a pas de souci
Elle se la coule douce
Le jour comme la nuit
Et s'en va vers le Havre, et s'en va vers la mer
En passant comme un rêve
Au milieu des mystères
Des misères de Paris.


Jacques Prévert




***
publié dans : Poèmes de Jacques Prévert
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Jeudi 21 février 2008
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Maître Corbeau, sur un arbre perché,
Tenait en son bec un fromage.
Maître Renard, par l'odeur alléché,
Lui tint à peu près ce langage :
"Hé ! bonjour, Monsieur du Corbeau.
Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !
Sans mentir, si votre ramage
Se rapporte à votre plumage,
Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois. "
A ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie ;
Et pour montrer sa belle voix,
Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
Le Renard s'en saisit, et dit : "Mon bon Monsieur,
Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l'écoute :
Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute. "
Le Corbeau, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.





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par Virginie Racano poème de Jean de La Fontaine publié dans : Poèmes de Jean de La Fontaine...
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Lundi 24 décembre 2007




 
Dans la nuit de l'hiver
galope un grand homme blanc
c'est un bonhomme de neige
avec une pipe en bois
un grand bonhomme de neige
poursuivi par le froid
il arrive au village
voyant de la lumière
le voilà rassuré.
Dans une petite maison
il entre sans frapper
et pour se réchauffer
s'assoit sur le poêle rouge,
et d'un coup disparait
ne laissant que sa pipe
au milieu d'une flaque d'eau
ne laissant que sa pipe
et puis son vieux chapeau.
 
Jacques Prévert

 

par Virginie Racano publié dans : Poèmes de Jacques Prévert
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Samedi 27 octobre 2007


 

L'océan sonore
Palpite sous l'oeil
De la lune en deuil
Et palpite encore,
 
Tandis qu'un éclair
Brutal et sinistre
Fend le ciel de bistre
D'un long Zigzag clair,
 
Et que chaque lame
En bonds convulsifs
Le long des récifs
Va, vient, luit et clame,
 
Et qu'au firmament,
Où l'ouragan erre,
Rugit le tonnerre
Formidablement.
 




par Virginie Racano publié dans : Poèmes de Paul Verlaine
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Jeudi 4 octobre 2007






Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir, tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer.

 
Tu te plais à plonger au sein de ton image ;
Tu l'embrasses des yeux et des bras, et ton coeur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur,
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

 
Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets :
Homme, nul n'a sondé le fond de tes abîmes ;
O mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !

 
Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié, ni remords,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
O lutteurs éternels, ô frères implacables !



Charles Baudelaire

par Virginie Racano publié dans : Poèmes de Charles Baudelaire
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Jeudi 20 septembre 2007




 Un coucher de soleil, en Bretagne  

 

 

Les ajoncs éclatants, parure du granit,
Dorent l'âpre sommet que le couchant allume.

Au loin, brillante encore par sa barre d'écume,
La mer sans fin, commence où la terre finit

 

A mes pieds, c'est la nuit, le silence.

Le nid se tait.

L'homme est rentré sous le chaume qui fume ;
Seul l'Angélus du soir, ébranlé dans la brume,
A la vaste rumeur de l'Océan s'unit.

 

Alors, comme du fond d'un abîme, des traînes,
Des landes, des ravins, montent des voix lointaines
De pâtres attardés ramenant le bétail



 

L'horizon tout entier s'enveloppe dans l'ombre,

Et le soleil mourant, sur un ciel riche et sombre,
Ferme les branches d'or de son rouge éventail



José M. de Hérédia

 


par Virginie Racano publié dans : Poèmes de José Maria de Hérédia
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